Terrible two : c’est quoi et que faire quand mon enfant dit non à tout ?
Publié le 23 octobre 2026 · 6 min de lecture
« Non ! », « Moi tout seul ! » : bienvenue dans le terrible two. Comprendre ce qui se joue aide à traverser cette période plus sereinement.
Écrit par l’équipe emy

Vers 2 ans, votre enfant s’oppose à tout : s’habiller, manger, prendre son bain, partir… Une étape éprouvante, mais essentielle à son développement.
Le terrible two, c’est quoi ?
« Terrible two » est une expression anglaise qui signifie « les terribles deux ans ». Elle désigne la période où le jeune enfant se met à s’opposer à presque tout ce qu’on lui demande. En France, on parle aussi de phase d’opposition ou de période du non.
Votre enfant refuse de mettre ses chaussures, repousse son assiette, ne veut pas sortir du bain… puis ne veut plus y entrer. Il dit « non » même à ce qu’il aime, et veut tout faire seul, y compris ce dont il n’est pas encore capable.
Malgré son nom, cette période n’a rien de « terrible » du point de vue du développement : c’est une étape normale et nécessaire.
À quel âge et combien de temps ?
Le terrible two commence souvent vers 18 mois et peut se prolonger jusqu’à 3 ans, parfois un peu au-delà. On parle d’ailleurs aussi de « terrible three ». Son intensité varie beaucoup d’un enfant à l’autre : certains traversent cette phase en douceur, d’autres de façon très marquée.
Pourquoi mon enfant dit-il non à tout ?
Il découvre qu’il est une personne à part entière
Vers 2 ans, l’enfant prend conscience qu’il est une personne distincte de ses parents, avec ses propres envies. Dire « non » est sa première façon d’affirmer : « J’existe, et j’ai mon avis. » Ce « non » ne s’adresse pas vraiment au contenu de la demande : c’est un moyen de s’affirmer.
Il a besoin d’autonomie
« Moi tout seul ! » : votre enfant veut faire par lui-même, s’habiller, se servir, choisir. C’est ainsi qu’il gagne en confiance et en compétences. Mais ses capacités ne suivent pas toujours ses envies, ce qui crée beaucoup de frustration.
Il ne sait pas encore gérer ses émotions
Les zones du cerveau qui permettent de patienter, de se calmer et d’accepter une frustration sont encore très immatures à cet âge. Elles continueront de se développer pendant de nombreuses années. Votre enfant ne fait donc pas exprès de « mal réagir » : il n’a tout simplement pas encore les outils pour faire autrement.
Il a encore peu de mots
Il comprend beaucoup de choses, mais il a encore peu de mots pour exprimer ce qu’il ressent ou ce qu’il veut. Le « non » et le corps prennent le relais.
Il cherche des repères
En s’opposant, l’enfant teste aussi les limites : jusqu’où peut-il aller ? Les règles sont-elles toujours les mêmes ? Ces limites, posées avec calme et constance, le rassurent.
Que faire quand il dit non à tout ?
Proposer des choix
Plutôt que des ordres auxquels il peut répondre « non », proposez-lui deux options, toutes deux acceptables pour vous : « Tu veux mettre le pull rouge ou le bleu ? », « Tu veux aller au bain en marchant comme un éléphant ou en sautant comme un lapin ? » Il garde le sentiment de décider, et vous avancez.
Éviter les questions quand il n’y a pas le choix
« On met ton manteau ? » appelle un « non ». Si ce n’est pas négociable, dites-le simplement : « On met le manteau, il fait froid dehors. »
Formuler positivement
Dites ce que vous attendez plutôt que ce qu’il ne faut pas faire : « On marche » plutôt que « Ne cours pas ». C’est plus clair pour un jeune enfant. Nous le détaillons dans notre article Formulation positive : se faire comprendre de son enfant (lien).
Prévenir avant les changements
Les transitions sont souvent difficiles : quitter le parc, arrêter un jeu, passer à table. Prévenez-le à l’avance : « Encore deux toboggans, et on rentre. » Une minuterie ou une chanson peuvent aussi l’aider.
Lui laisser faire seul quand c’est possible
S’il veut s’habiller seul, prévoyez un peu plus de temps le matin et des vêtements faciles à enfiler. Le laisser essayer, même si c’est plus long ou imparfait, nourrit sa confiance et réduit souvent les conflits.
Choisir ses batailles
Tout n’est pas négociable : la sécurité, le siège auto, la main pour traverser. Mais beaucoup de choses peuvent l’être. Gardez peu de règles, claires et constantes, et lâchez du lest sur le reste. S’il veut porter ses bottes de pluie un jour de soleil, est-ce si grave ?
Utiliser le jeu et l’humour
Un brossage de dents qui devient une chasse aux « petites bêtes », une course jusqu’à la voiture, un doudou qui « refuse » lui aussi de mettre son manteau… Le jeu désamorce souvent l’opposition mieux qu’un long discours.
Mettre des mots sur ce qu’il ressent
« Tu es fâché parce que tu voulais continuer à jouer. Je comprends. Et maintenant, on rentre. » Accueillir son émotion ne veut pas dire céder : la limite reste, mais l’enfant se sent compris.
Rester cohérent
Autant que possible, les adultes qui s’occupent de lui (parents, grands-parents, assistante maternelle, crèche) gardent les mêmes règles essentielles. C’est ce qui l’aide à se repérer.
Et quand le non tourne à la colère ?
Il arrive que l’opposition déborde en crise de larmes, de cris, l’enfant qui se jette par terre… Ces colères sont fréquentes entre 2 et 4 ans. Nous expliquons comment les comprendre et les accompagner dans notre article Colères et crises chez l’enfant (2-4 ans) : comprendre pour mieux accompagner (lien).
Prendre soin de soi
Cette période met la patience des parents à rude épreuve. Il est normal de se sentir épuisé, agacé, parfois dépassé. Quand vous sentez la tension monter, prenez quelques secondes pour respirer avant de répondre, ou passez le relais à l’autre parent. Personne n’est un parent parfait, et un moment difficile n’efface pas tout le reste.
Quand consulter ?
Parlez-en à un professionnel si :
- les crises sont très fréquentes, très intenses ou durent longtemps ;
- votre enfant se blesse ou blesse les autres régulièrement ;
- il parle très peu ou ne semble pas comprendre ce qu’on lui dit ;
- il a perdu des acquis (langage, propreté, jeux) ;
- la situation pèse sur toute la famille, ou vous vous sentez à bout.
Vous vous sentez dépassé par la période du non ?
Les experts d’emy peuvent vous accompagner : éducatrices de jeunes enfants, psychologues, infirmières puéricultrices… En visio, par écrit ou en présentiel, trouvez le professionnel qui vous aidera à comprendre votre enfant et à poser des limites avec bienveillance. Consultez un expert emy.
Références
- Héloïse Junier, Le manuel de survie des parents. Décrypter et accompagner l’enfant de 0 à 6 ans, Dunod, 2022.
- Isabelle Filliozat, J’ai tout essayé ! Opposition, pleurs et crises de rage : traverser la période de 1 à 5 ans, JC Lattès, 2011.
- Catherine Gueguen, Pour une enfance heureuse. Repenser l’éducation à la lumière des dernières découvertes sur le cerveau, Robert Laffont, 2014.
- Site officiel 1000-premiers-jours.fr.


