Formulation positive : se faire comprendre de son enfant.
Publié le 23 octobre 2026 · 6 min de lecture
« Ne cours pas ! », « Ne crie pas ! »… Et si changer quelques mots suffisait à rendre vos demandes plus claires pour votre enfant ?
Écrit par l’équipe emy

Dire ce que l’on attend plutôt que ce qu’il ne faut pas faire : une habitude simple pour favoriser la coopération au quotidien.
Rédigé par Alice Regnier, éducatrice de jeunes enfants, experte emy
Vous avez parfois l’impression de répéter dix fois la même chose à votre enfant ? « Ne cours pas ! », « Ne crie pas ! », « Arrête de jeter tes jouets ! »…
La formulation positive consiste à dire à votre enfant ce que vous souhaitez qu’il fasse, plutôt que ce que vous ne voulez pas qu’il fasse. Cette petite habitude est particulièrement utile entre 18 mois et 6 ans. Elle facilite sa compréhension et favorise la coopération au quotidien.
Pourquoi la formulation positive fonctionne-t-elle avec les enfants ?
Imaginez que je vous dise : « Ne pensez pas à une voiture rouge ! » À quoi pensez-vous immédiatement ? À une voiture rouge, bien sûr !
Pour comprendre une phrase négative, notre cerveau évoque d’abord l’idée que l’on cherche à écarter. Il doit ensuite fournir un effort supplémentaire pour la mettre de côté. Pour penser à autre chose, le plus efficace est de se concentrer sur une autre idée, comme le dernier livre que vous avez lu.
C’est la même chose pour votre enfant. « Ne cours pas ! » met l’accent sur l’action de courir, et ne lui dit pas ce que vous attendez de lui à la place, surtout lorsqu’il est pris dans l’excitation du moment.
En revanche, « Marche à côté de moi » lui donne une indication claire et concrète.
L’idée est simple : indiquez à votre enfant ce qu’il peut faire plutôt que ce qu’il doit éviter.
Exemples de formulation positive au quotidien
Au lieu de dire…Essayez plutôt…« Ne cours pas ! »« Marche à côté de moi. »« Ne crie pas ! »« Parle doucement. »« Ne jette pas les jouets ! »« Pose les jouets délicatement. »« Ne monte pas sur la chaise ! »« Descends de la chaise. »« Ne touche pas à ce couteau ! »« Laisse le couteau, il est dangereux. »« N’enlève pas ton bonnet ! »« Garde ton bonnet sur la tête. »
Au début, ce changement demande un peu d’entraînement. Nous avons l’habitude de dire ce qu’il ne faut pas faire, surtout lorsque nous sommes pressés ou fatigués.
Pour vous exercer, prenez quelques minutes pour repérer les phrases négatives que vous utilisez le plus souvent. Cherchez ensuite comment les reformuler positivement.
Et si vous vous reprenez juste après avoir formulé une interdiction, c’est déjà un bon début !
Formulation positive et limites : comment dire stop ?
La formulation positive ne signifie pas qu’il faut tout autoriser. Les limites restent indispensables pour accompagner votre enfant et assurer sa sécurité.
Face à un danger immédiat, un « Stop ! » bref et ferme est tout à fait adapté. Vous pourrez expliquer ensuite, une fois le danger écarté.
Le reste du temps, l’important est d’expliquer simplement la raison de votre refus et, lorsque c’est possible, de proposer une alternative. Par exemple, si votre enfant veut courir dans la rue :
« Je vois que tu as envie de courir ! Ici, les voitures sont dangereuses. Reste près de moi, et nous pourrons courir au parc tout à l’heure. »
Vous reconnaissez son envie, vous expliquez la limite et vous lui proposez une autre possibilité.
Votre enfant comprend ainsi mieux vos attentes, et ses besoins sont pris en compte. Il pourra malgré tout être déçu ou se mettre en colère : apprendre à accepter la frustration et à réguler ses émotions prend du temps.
Derrière un comportement, un besoin à comprendre
Un enfant qui saute sur le canapé, court partout ou jette ses jouets ne cherche généralement pas à vous provoquer. Il peut avoir besoin de bouger, d’explorer ou d’expérimenter.
Lorsque son comportement n’est pas adapté, proposez-lui une autre façon de répondre à son envie :
- Il saute sur le canapé ? « Tu as envie de sauter ! Le canapé n’est pas fait pour ça. Cherchons un endroit où tu peux sauter sans te faire mal. »
- Il jette ses jouets ? « Tu as envie de lancer quelque chose ? Prenons une balle et lançons-la ensemble. »
Vous posez ainsi un cadre tout en respectant son besoin d’expérimenter.
Bien sûr, votre enfant ne réagira pas toujours comme vous l’espérez. Il apprend progressivement à comprendre les règles, à réguler ses émotions et à adapter son comportement. Cela demande du temps et de la répétition.
À vous de jouer !
Pour commencer, choisissez trois phrases que vous utilisez régulièrement et transformez-les en formulation positive. Observez ce qui change dans vos échanges, et ajustez vos mots au fil du temps.
Gardez en tête que chaque enfant est différent, et que vous n’avez pas besoin d’être un parent parfait ! Parfois, il suffit de changer quelques mots pour rendre une demande plus claire et faciliter la coopération au quotidien.
Questions fréquentes
À partir de quel âge utiliser la formulation positive ? Dès que votre enfant commence à comprendre les consignes simples, vers 18 mois. Elle reste utile à tout âge, y compris avec les plus grands.
Est-ce qu’on a encore le droit de dire « non » ? Oui. Le « non » et le « stop » restent nécessaires, notamment en cas de danger. La formulation positive vient compléter les limites, pas les remplacer.
Et si cela ne fonctionne pas tout de suite ? C’est normal. Votre enfant a besoin de répétition, et vous aussi ! La régularité compte plus que la perfection.
Vous vous sentez dépassé par les « non » à répétition ou les moments de crise ? Alice Regnier, éducatrice de jeunes enfants, vous accompagne sur emy. Ensemble, vous trouverez les mots et les attitudes qui conviennent à votre enfant et à votre famille.
👉 Retrouvez Alice Regnier sur emy et prenez rendez-vous
https://emyconsult.fr/experts/alice-regnier
Les autres expertes et experts d’emy (psychologues, psychomotriciennes, infirmières puéricultrices…) peuvent aussi vous accompagner.
Consultez-les en ligne, ou trouvez un spécialiste près de chez vous et prenez rendez-vous sur emy.
Références
- Wegner, D. M., Schneider, D. J., Carter, S. R. & White, T. L. (1987). Paradoxical effects of thought suppression. Journal of Personality and Social Psychology, 53(1), 5-13.
- Filliozat, I. (2011). J’ai tout essayé ! Opposition, pleurs et crises de rage : traverser la période de 1 à 5 ans. JC Lattès.
- Gueguen, C. (2014). Pour une enfance heureuse : repenser l’éducation à la lumière des dernières découvertes sur le cerveau. Robert Laffont.
- Faber, A. & Mazlish, E. Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent. Éditions du Phare.
- Nelsen, J. La discipline positive. Éditions du Toucan.
- Ministère de la Santé et Santé publique France. Les 1000 premiers jours, rubrique sur le développement et l’accompagnement de l’enfant : https://www.1000-premiers-jours.fr


