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Mon enfant a du mal à se concentrer : faut-il s’inquiéter ?

vendredi 25 septembre 2026 · 6 min de lecture

Devoirs interminables, consignes oubliées, attention qui s’échappe… Un manque de concentration ne signifie pas forcément qu’un enfant présente un trouble.

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Écrit par l’équipe emy

vitaly gariev axUZuU0nBNI unsplash

Mon enfant a du mal à se concentrer : quelles causes et que faire ? | emy

Devoirs interminables, consignes oubliées, attention qui s’échappe… Un manque de concentration ne signifie pas forcément qu’un enfant présente un trouble.

Tous les enfants ont-ils la même capacité de concentration ?

Non. La capacité à maintenir son attention se développe progressivement et varie selon l’âge de l’enfant, le moment de la journée, son état de fatigue, son intérêt pour l’activité et l’environnement dans lequel il se trouve.

Un enfant peut rester longtemps absorbé par une construction, un dessin ou un jeu qui le passionne et avoir beaucoup plus de difficultés à rester attentif lorsqu’il doit faire ses devoirs.

Cela ne signifie pas nécessairement qu’il « ne sait pas se concentrer ».

Il est donc utile de regarder dans quelles situations les difficultés apparaissent plutôt que de considérer uniquement leur durée.

Pourquoi mon enfant a-t-il du mal à se concentrer ?

Les causes possibles sont nombreuses et parfois très simples.

Un enfant fatigué, préoccupé ou qui a faim sera probablement moins disponible pour une activité qui lui demande un effort important.

L’environnement compte également : télévision allumée, téléphone à proximité, conversations, frères et sœurs qui jouent autour de lui ou sollicitations répétées peuvent rendre la concentration plus difficile.

Mais d’autres facteurs peuvent aussi intervenir : stress, anxiété, difficultés relationnelles, manque de compréhension d’une consigne ou difficulté dans un apprentissage.

Parfois, ce que l’on interprète comme un problème de concentration peut simplement traduire le fait que l’enfant ne comprend pas ce qu’on lui demande ou que la tâche lui demande un effort particulièrement important.

« Pourtant, il peut jouer pendant une heure ! »

C’est une remarque fréquente :

« Il est incapable de rester dix minutes sur ses devoirs, mais il peut jouer pendant une heure ! »

Cela n’est pas forcément contradictoire.

Une activité choisie, plaisante et motivante ne mobilise pas l’attention de la même manière qu’une tâche imposée ou difficile.

Faire ses devoirs demande parfois à l’enfant de mobiliser plusieurs capacités en même temps : écouter ou lire une consigne, la comprendre, se souvenir de ce qu’il doit faire, organiser son travail et résister aux distractions.

La question n’est donc pas seulement :

« Combien de temps arrive-t-il à se concentrer ? »

Mais plutôt :

« Dans quelles situations y arrive-t-il et dans quelles situations cela devient-il difficile ? »

Comment l’aider au quotidien ?

Avant de penser à un éventuel trouble, quelques adaptations simples peuvent être essayées.

Pour les devoirs, par exemple, il peut être utile de proposer un environnement calme, avec le moins de distractions possible.

Une consigne longue peut être découpée en plusieurs étapes :

« Commence par lire la première question. »

Puis :

« Qu’est-ce qu’on te demande ? »

Et seulement ensuite passer à la suite.

Des pauses peuvent également être nécessaires lorsqu’un effort se prolonge.

L’objectif n’est pas d’exiger que l’enfant reste immobile et concentré pendant une longue période, mais de l’aider progressivement à organiser son attention.

Attention aux étiquettes

« Il est tête en l’air. »

« Elle n’écoute jamais. »

« Il est incapable de se concentrer. »

Ces phrases peuvent rapidement devenir des étiquettes.

Or l’enfant peut finir par les intégrer :

« De toute façon, moi, je n’arrive pas à me concentrer. »

Il est souvent plus constructif de décrire précisément ce que l’on observe :

« Tu as commencé ton exercice et plusieurs choses t’ont distrait. Comment peut-on faire pour t’aider à le terminer ? »

On parle alors d’une difficulté rencontrée à un moment donné, et non d’une caractéristique de l’enfant.

Difficulté de concentration = TDAH ?

Non.

Une difficulté à se concentrer ne permet pas, à elle seule, de conclure à un trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).

Le diagnostic de TDAH repose sur une évaluation clinique. Les manifestations doivent notamment être persistantes, avoir commencé dans l’enfance, être présentes dans plusieurs contextes et avoir un retentissement sur le fonctionnement de l’enfant. D’autres explications possibles doivent également être recherchées.

Il est donc important d’éviter les conclusions rapides :

un enfant qui bouge beaucoup n’a pas nécessairement un TDAH, et un enfant qui a du mal à faire ses devoirs non plus.

Qu’observer avant de s’inquiéter ?

Plutôt que de chercher immédiatement un diagnostic, les parents peuvent commencer par observer la situation.

La difficulté est-elle récente ou existe-t-elle depuis longtemps ? Se manifeste-t-elle uniquement pendant les devoirs ou également dans d’autres activités ? L’enseignant constate-t-il les mêmes difficultés ? L’enfant semble-t-il particulièrement fatigué ? Dort-il suffisamment ? Comprend-il les exercices ? Les difficultés apparaissent-elles dans toutes les matières ou seulement dans certaines ?

Ces observations peuvent apporter des informations beaucoup plus utiles qu’un simple constat :

« Il ne se concentre pas. »

Et si les difficultés apparaissent surtout à l’école ?

Il peut être intéressant d’échanger avec l’enseignant.

Le parent observe l’enfant à la maison ; l’enseignant le voit évoluer dans un autre environnement, avec des consignes collectives, des apprentissages et d’autres enfants autour de lui.

Croiser ces observations permet de savoir si les difficultés sont présentes dans différents contextes et de mieux comprendre les situations dans lesquelles elles apparaissent.

Quand demander l’avis d’un professionnel ?

Une période de fatigue ou quelques devoirs difficiles ne nécessitent pas nécessairement une consultation.

En revanche, lorsque les difficultés sont durables, importantes, présentes dans plusieurs situations et qu’elles ont un retentissement sur la scolarité ou la vie quotidienne de l’enfant, il est utile d’en parler.

Le médecin qui suit l’enfant pourra reprendre avec la famille son développement, son sommeil, sa santé, son comportement et les observations de l’école, puis déterminer si des investigations complémentaires sont nécessaires. La Haute Autorité de santé rappelle que le repérage et l’évaluation du TDAH nécessitent justement de recueillir des informations dans les différents environnements de vie de l’enfant et d’envisager les diagnostics différentiels.

Observer avant de vouloir expliquer

Lorsqu’un enfant rencontre des difficultés de concentration, la question n’est pas immédiatement de savoir « quel trouble a-t-il ? ».

La première étape consiste plutôt à chercher à comprendre :

Quand cela arrive-t-il ?

Depuis quand ?

Dans quelles situations ?

Qu’est-ce qui semble l’aider ?

Qu’observent les autres adultes qui l’accompagnent ?

Parce qu’une difficulté de concentration peut avoir de nombreuses explications et qu’elle ne résume jamais, à elle seule, le fonctionnement d’un enfant.

Besoin d’en parler ?

Vous vous interrogez sur la concentration, les apprentissages ou le comportement de votre enfant ?

Sur emy, vous pouvez échanger avec des spécialistes de l’enfance et de la parentalité pour mieux comprendre la situation et être accompagné dans vos questionnements.

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