Le TDAH chez l'enfant : reconnaître les symptômes et savoir quoi faire.
dimanche 13 septembre 2026 · 4 min de lecture
Agitation, oublis, difficulté à se concentrer : et si c'était un TDAH ? Repérez les signes à la maison et à l'école, et découvrez la démarche à suivre
Écrit par l’équipe emy

Agitation, oublis répétés, difficulté à rester concentré... beaucoup d'enfants traversent des phases d'inattention ou de turbulence. Le TDAH (trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité) est différent : c'est un trouble neurodéveloppemental durable, qui se distingue par son intensité, sa persistance dans le temps et son impact dans plusieurs environnements de vie de l'enfant (maison, école, activités).
Qu'est-ce que le TDAH ?
Le TDAH se manifeste par des symptômes d'inattention, associés ou non à de l'hyperactivité et de l'impulsivité. Il en existe trois présentations cliniques, réparties de façon à peu près égale (environ un tiers chacune) :
- Présentation à prédominance inattentive : difficultés d'attention et d'organisation au premier plan, souvent plus discrète — c'est la forme la plus fréquemment sous-diagnostiquée, en particulier chez les filles.
- Présentation à prédominance hyperactive-impulsive : agitation motrice, difficulté à rester en place, impulsivité dans les gestes et la parole.
- Présentation mixte : combinaison des deux profils précédents.
Il n'existe aucun examen biologique ou marqueur sanguin permettant de confirmer un TDAH : le diagnostic est uniquement clinique, basé sur l'observation du comportement de l'enfant dans la durée et dans différents contextes.
Les signes qui peuvent alerter
Aucun de ces signes pris isolément n'est spécifique du TDAH — c'est leur fréquence, leur durée et leur retentissement sur la vie de l'enfant qui orientent vers ce diagnostic.
À la maison
- Difficulté à terminer une activité commencée, passe rapidement d'un jeu à un autre
- Semble ne pas écouter quand on lui parle directement
- A besoin qu'on répète plusieurs fois les consignes
- Perd fréquemment ses affaires (cartable, doudou, vêtements)
- Ne contrôle pas toujours ses gestes (casse des objets par inadvertance) ni ses paroles (coupe la parole, dit ce qui lui passe par la tête)
À l'école
- Fait de nombreuses fautes d'étourderie dans son travail
- A du mal à organiser et planifier son travail scolaire, procrastine
- Évite ou rechigne fortement face aux tâches qui demandent un effort soutenu (lecture, devoirs)
- Ne suit pas les consignes données malgré une bonne compréhension apparente
- Peut se montrer agité, se lever fréquemment, avoir du mal à attendre son tour
À noter : les filles présentent plus souvent une forme inattentive ou une forme mixte à prédominance mentale, qui passe plus facilement inaperçue et peut retarder le repérage.
Comment se déroule le diagnostic ?
Le diagnostic ne se pose jamais sur une seule observation ou une impression isolée. Il s'agit d'une démarche progressive, en plusieurs étapes :
- Premiers repérages par les parents, les enseignants ou le personnel de santé scolaire — les adultes de l'entourage sont les mieux placés pour signaler des observations, mais leur rôle n'est pas de poser un diagnostic.
- Consultation avec le médecin traitant en première intention, qui oriente si besoin vers un professionnel formé au TDAH.
- Entretiens avec l'enfant et ses parents, ainsi qu'un temps d'échange avec l'enfant seul, pour comprendre sa perception de ses propres difficultés.
- Questionnaires standardisés remplis par les parents, les enseignants et parfois l'enfant lui-même à partir de 10 ans (échelles de Conners, ADHD-RS, etc.).
- Examen médical complet, pour rechercher d'éventuels troubles associés et écarter d'autres causes possibles aux difficultés observées.
- Bilans complémentaires ciblés si nécessaire : orthophonique, ergothérapique, psychomoteur ou neuropsychologique — utiles notamment pour le suivi ou en cas de diagnostic différentiel complexe.
Le TDAH s'accompagne fréquemment d'autres troubles associés (troubles des apprentissages, troubles anxieux), ce qui explique que le diagnostic demande du temps et plusieurs consultations.
Que faire si vous observez ces signes ?
- Ne pas attendre le diagnostic pour agir : des aménagements simples à la maison et à l'école (routines claires, consignes courtes et une à la fois, pauses régulières) peuvent déjà soulager l'enfant, même avant toute confirmation médicale.
- Consulter le médecin traitant si les difficultés persistent dans la durée et se manifestent dans plusieurs environnements.
- Documenter vos observations : noter des exemples concrets et réguliers aide grandement le professionnel consulté.
- Impliquer l'école : un dialogue avec l'enseignant permet de croiser les observations et de mettre en place des aménagements pédagogiques, qui peuvent être proposés avant même un diagnostic formalisé.
- Ne pas culpabiliser : le TDAH n'est ni un défaut d'éducation, ni un manque de volonté de l'enfant — c'est un trouble neurodéveloppemental reconnu.
Les approches d'accompagnement
Le traitement du TDAH commence toujours par des mesures non médicamenteuses : amélioration des habitudes de vie, accompagnement scolaire et éducatif, soutien à la famille.
- Programmes d'entraînement aux habiletés parentales (PEHP) : recommandés en première intention, ils aident les parents à ajuster leurs réponses éducatives face aux comportements liés au TDAH.
- Thérapies comportementales, cognitives et émotionnelles (TCCE) : pour aider l'enfant à développer des stratégies de régulation.
- Aménagements scolaires : temps supplémentaire, consignes fractionnées, pauses actives — possibles avant même un diagnostic formel, via un Plan d'Accompagnement Personnalisé (PAP).
- Traitement médicamenteux : envisagé uniquement en cas d'insuffisance des mesures précédentes, à partir de 6 ans, et toujours prescrit et suivi par un médecin spécialisé.
L'accompagnement est généralement pluridisciplinaire et construit en concertation avec l'enfant et ses parents, pour favoriser leur adhésion au projet.
Repérer des signes d'inattention ou d'agitation chez son enfant peut être source d'inquiétude et de fatigue au quotidien. Les psychologues de la plateforme EMY peuvent vous accompagner dans la mise en place de stratégies éducatives adaptées, tandis que les psychomotriciens peuvent aider votre enfant à mieux canaliser son énergie et ses gestes. N'hésitez pas à solliciter un premier échange pour être orienté·e vers la démarche la plus adaptée à votre situation.


