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Frères et sœurs : comment accompagner les relations dans la fratrie ?

vendredi 25 septembre 2026 · 6 min de lecture

Complicité, jalousie, disputes, rivalités… La relation entre frères et sœurs se construit au quotidien. Quelle place les parents peuvent-ils prendre ?

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Écrit par l’équipe emy

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Frères et sœurs : jalousie, disputes et rivalités dans la fratrie | emy

Complicité, jalousie, disputes, rivalités… La relation entre frères et sœurs se construit au quotidien. Quelle place les parents peuvent-ils prendre ?

La fratrie, une relation qui se construit

Entre frères et sœurs, les moments de complicité peuvent alterner avec des disputes parfois impressionnantes.

Ils jouent ensemble, se cherchent, se chamaillent, se réconcilient… puis recommencent quelques minutes plus tard.

Pour les parents, ces relations peuvent être déroutantes. On aimerait que ses enfants s'entendent bien et l'on peut rapidement se demander si leurs disputes sont normales ou si l'on doit intervenir.

Pourtant, se disputer ne signifie pas nécessairement mal s'entendre.

La fratrie est aussi un espace dans lequel l'enfant apprend progressivement à partager, négocier, attendre, défendre son point de vue, exprimer son désaccord et trouver sa place parmi les autres.

« C'est pas juste ! »

Cette phrase est probablement familière à beaucoup de parents.

Les enfants sont particulièrement sensibles à ce qu'ils perçoivent comme des différences de traitement :

« Pourquoi lui a le droit et pas moi ? »

« Elle en a eu plus que moi ! »

« Tu préfères toujours mon frère ! »

Le premier réflexe peut être de vouloir traiter tous ses enfants exactement de la même manière.

Mais être juste ne signifie pas forcément donner la même chose à chacun.

Un enfant de 5 ans et un enfant de 10 ans n'ont pas les mêmes besoins, les mêmes capacités ni nécessairement les mêmes règles.

Le parent peut expliquer cette différence simplement :

« Vous n'avez pas le même âge et vous n'avez pas toujours besoin des mêmes choses. »

L'important est que chacun puisse sentir que ses propres besoins sont entendus.

La jalousie entre frères et sœurs est-elle normale ?

L'arrivée d'un frère ou d'une sœur vient modifier l'équilibre familial et la place que l'enfant occupait jusque-là.

Même plus tard, chacun peut traverser des périodes durant lesquelles il envie davantage son frère ou sa sœur : ses réussites, l'attention qu'il reçoit, ses activités ou les libertés accordées en raison de son âge.

La jalousie n'est pas nécessairement le signe d'une mauvaise relation.

L'enfant peut aimer profondément son frère ou sa sœur tout en souhaitant parfois avoir ses parents pour lui seul.

Plutôt que de nier cette émotion — « Mais enfin, tu n'as aucune raison d'être jaloux ! » — l'adulte peut l'accueillir :

« Tu aurais aimé que je passe ce moment uniquement avec toi. »

Reconnaître une émotion ne signifie pas répondre à toutes les demandes. Cela permet simplement à l'enfant de se sentir entendu.

Faut-il intervenir dans toutes les disputes ?

Pas nécessairement.

Lorsque les enfants sont suffisamment grands, qu'il n'y a ni violence ni situation de domination, leur laisser un peu de temps peut leur permettre d'essayer de trouver eux-mêmes une solution.

L'adulte n'a pas toujours besoin de devenir juge de la dispute et de déterminer immédiatement qui a commencé ou qui a raison.

Il peut plutôt les aider à exprimer ce qui s'est passé :

« Vous voulez tous les deux le même jeu. Comment pourriez-vous faire ? »

Ils apprennent ainsi progressivement à rechercher des solutions.

En revanche, lorsqu'un enfant frappe, fait mal, humilie ou lorsque le rapport entre les enfants ne leur permet plus de résoudre la situation, l'intervention de l'adulte est nécessaire pour sécuriser et poser une limite.

Éviter de chercher systématiquement « qui a commencé »

« Qui a commencé ? »

La question paraît logique, mais elle conduit souvent chacun à essayer de prouver que l'autre est responsable.

Or une dispute entre frères et sœurs est parfois le résultat d'une succession de petites actions difficile à reconstituer.

Le parent peut davantage s'intéresser à ce qui se passe maintenant et à ce dont chacun a besoin pour sortir du conflit.

Il ne s'agit pas d'ignorer les responsabilités lorsque l'un des enfants a dépassé une limite, mais de ne pas transformer chaque conflit en enquête familiale.

« Tu es le plus grand, tu dois comprendre »

Cette phrase peut sembler pratique pour mettre rapidement fin à une dispute.

Mais être l'aîné ne signifie pas devoir systématiquement céder.

Le plus grand reste lui aussi un enfant avec ses propres émotions, ses frustrations et ses besoins.

Lui demander continuellement de renoncer parce qu'il est « le plus grand » peut lui donner le sentiment que les besoins du plus jeune passent toujours avant les siens.

Les capacités liées à l'âge peuvent évidemment être prises en compte, mais elles ne doivent pas faire de l'aîné le responsable permanent de l'équilibre familial.

Attention aux comparaisons

Même lorsqu'elles semblent anodines, les comparaisons peuvent alimenter les rivalités :

« Regarde comme ta sœur range bien sa chambre. »

« Ton frère, lui, termine ses devoirs sans discuter. »

Mais aussi les comparaisons positives :

« Toi, au moins, tu es raisonnable. »

Car lorsque l'un devient « le raisonnable », l'autre risque implicitement de devenir celui qui ne l'est pas.

Chaque enfant gagne à être reconnu pour ce qu'il est et pour ses propres progrès, sans avoir besoin d'être comparé à son frère ou à sa sœur.

Éviter d'enfermer chacun dans un rôle

Dans une famille, les rôles peuvent rapidement s'installer :

« C'est le timide. »

« Elle, c'est la petite chef. »

« Lui, c'est le turbulent. »

« Sa sœur, c'est la sérieuse. »

Ces qualificatifs peuvent sembler sans importance, mais à force d'être répétés, ils peuvent influencer la manière dont les enfants se perçoivent et dont les autres membres de la famille les regardent.

Un enfant évolue.

Celui qui est réservé aujourd'hui ne le sera pas nécessairement demain. Celui qui traverse une période d'opposition ne doit pas être défini par ce comportement.

Préserver une place pour chacun

La relation fraternelle ne se construit pas uniquement dans les moments partagés.

Chaque enfant a aussi besoin d'exister indépendamment de la fratrie.

Un moment seul avec un parent, une activité personnelle, des amis différents ou simplement un espace à soi peuvent participer à cet équilibre.

Il n'est pas nécessaire que frères et sœurs fassent toujours tout ensemble pour entretenir une relation forte.

Au contraire, pouvoir être reconnu comme une personne à part entière peut parfois diminuer le besoin de se comparer ou de rivaliser.

Les frères et sœurs doivent-ils tout partager ?

Apprendre à partager est important, mais cela ne signifie pas que tout doit être commun.

Un enfant peut avoir certains objets personnels qu'il n'est pas obligé de prêter immédiatement.

Respecter ce qui lui appartient lui permet également de comprendre progressivement que les affaires de son frère ou de sa sœur méritent le même respect.

Le partage peut alors devenir un apprentissage plutôt qu'une obligation permanente.

Une relation qui appartient aussi aux enfants

Les parents jouent un rôle essentiel dans le climat familial, mais ils ne peuvent pas construire la relation fraternelle à la place de leurs enfants.

Cette relation évoluera avec eux.

Elle connaîtra des rapprochements, des disputes, parfois des périodes de distance puis de nouvelles complicités.

L'objectif n'est donc probablement pas d'avoir des enfants qui ne se disputent jamais, mais de les accompagner progressivement pour qu'ils apprennent à vivre leurs désaccords, à respecter l'autre et à trouver leur propre place dans la famille.

Besoin d'en parler ?

Les disputes, la jalousie ou les rivalités entre vos enfants prennent beaucoup de place dans votre quotidien ?

Sur emy, vous pouvez échanger avec des spécialistes de l'enfance et de la parentalité pour mieux comprendre ce qui se joue au sein de la fratrie et trouver des pistes adaptées à votre situation.

Des spécialistes pour vous informer et vous accompagner.

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